A propos du départ en slalom


Pierre Mortefon dans le cadre de son Brevet d’Etat 1er degré voile réservé au sportif haut niveau m’avait interviewé en 2009 sur la thématique du départ en slalom. Le texte est encore d’actualité!

PM: Lors de la mise en place de parcours, comment sais-tu que les bouées sont bien positionnées par rapport au vent ?

Pour les poser, en général avec la girouette. Pour un parcours de slalom, je demande systématiquement à un coureur de tester le parcours parce que placer un parcours de slalom c’est le plus difficile à faire. Surtout si les bords sont longs. Pendant le déroulement, je regarde les trajectoires des coureurs et reste attentif à l’orientation du vent.

PM: Mets-tu en place des situations avec des trajectoires spécifiques au travail en groupe ou au travail individuel ?

Avec mon groupe, la mise en place est toujours identique pour tout le monde. Par contre, il peut y avoir des consignes spécifiques pour un coureur ou un groupe de coureurs correspondant à des objectifs particuliers. Ce que je fais assez souvent pour les trajectoires, c’est de contraindre certains coureurs alors que d’autres sont libres de leur choix. Mais c’est surtout valable lors des entraînements sur parcours formula. Pour le slalom, ça m’arrive de contraindre à deux niveaux : j’impose une position sur la ligne de départ et je demande des trajectoires de jibe (entrée et sortie de jibe)

PM: Dans un travail avec un groupe sur des ateliers, penses tu qu’il est plus cohérent de travailler en binôme de niveau similaire, de niveau différent ou en flotte ?

En ce qui me concerne je ne fais jamais « d’ateliers » proprement dit. Comme je te le disais, ma mise en place est la même pour que tout le monde bosse au même endroit. Par contre, lorsque je fais travailler en binôme ou à trois j’essaye en général de réunir des coureurs d’à peu près de même niveau. C’est à la fois plus efficace pour eux, mais aussi plus motivant. Dans tous les cas, le travail en petit nombre débouche sur un travail en flotte sur la même situation pour réinvestir ce qui a été travaillé dans des conditions d’adversité plus proche de la réalité.

PM: J’aurais maintenant quelques questions spécifiques à la thématique à te poser. Quelle est la chose la plus importante à travailler, la vitesse ou la navigation (départ et placement bouée) ?

SK: Les deux mon capitaine!… un départ couvert ne permet pas de faire parler la poudre! Surtout si les bords sont courts. Alors il faut pendant l’entraînement faire travailler les deux. Des situations de vitesse pure sur parcours ou hors parcours et des situations de départs.

PM: Où l’attention de l’entraîneur se porte telle sur ce thème ?

SK: Le placement du coureur pendant la procédure, la manière dont il progresse en direction de la ligne et sa manière de réguler sa vitesse,… la prise de risque en fonction de l’enjeu, sa position et sa vitesse au top départ, la manière dont il arrive à s’extraire de la flotte, comment il prépare son premier jibe (trajectoire du premier bord, placement par rapport aux adversaires directs….)

PM: Quels sont pour vous les outils pédagogiques et humains les plus intéressants pour comprendre et progresser sur le sujet ?

SK: Outils pédagogiques: en faire et refaire! Tester des réglages, des positions de nav, discutions avec les autres coureurs, vidéo, situations de travail de départ, comparatifs…

PM: Quels sont les types d’exercices qui peuvent être mis en place sur un entraînement ?

SK:

  • Comparatifs bâbord et tribord entre deux bouées, les coureurs s’attendent à la bouée et repartent à égalité, à deux puis augmenter le nombre. Variation de la longueur des bords.
  • porte de départ pour un coureur désigné, les autres tentent de se placer du mieux possible derrière pour pouvoir partir juste derrière lui, objectif le placement pendant la procédure
  • Séquence de départ et premier bord. Variation de ligne et longueur de bord
  • Travail du lancement avec avant la ligne de départ, zone de lancement et zone de vitesse max (interdiction de ralentir). On voit si le coureur passe au top, avant ou après le top…

PM: La vidéo peut elle être utile pour travailler ce thème ?

SK: Oui, elle permet de voir la préparation du départ et les positions sur la ligne au départ.

Marignane 2015

PM: De quel moyen disposes-tu pour faire des retours de cette phase technique?

SK: J’utilise essentiellement le retour direct après la situation, avant d’envoyer la suivante. La discussion avec le coureur, la régulation, le questionnement sur les différents éléments, technique, réglage, tactique.

PM: Quels sont les principaux facteurs à prendre en compte sur cette phase technique ?

SK: Les facteurs spatiotemporels régulation de sa vitesse par rapport à la ligne et au temps pour pouvoir passer la ligne au top en vitesse max. Comme le départ se fait au travers ou au largue, c’est très difficile de bien réguler; si on est trop tôt le seul moyen c’est l’arrêt et en slalom c’est fatal! On ne peut pas rester arrêter sur la ligne en attendant et lancer dans les dernières secondes comme pour un départ au près. Il faut lancer de loin pour pouvoir être en vitesse max sur la ligne. L’arrêt est donc « fatal », le temps de repartir toute la flotte est devant!

Le placement par rapport aux adversaires est important comme dans toutes les autres régates. Et il dépend de l’orientation de la ligne et du placement de la première bouée. Savoir lire l’orientation de la ligne pour choisir sa place pour éviter d’être couvert au départ, se représenter les distances à la bouée du comité et du viseur pour déterminer le plus court chemin (qui n’est pas forcément le plus rapide…), la position de la bouée par rapport à la ligne de départ permet de voir le cap plus ou moins abattu du comité ou du viseur, c’est à mettre en relation avec la force de vent, plus le vent est fort plus il y aura moyen d’être efficace abattu… La question de la préparation de la première bouée se pose dès la position de départ, départ au viseur pour une position à l’intérieur, départ au comité position à l’extérieur, cela aura donc des influences sur la gestion de son jibe… Ensuite le facteur de sa capacité à être en vitesse max très rapidement et de pouvoir la conserver sur tout le premier bord, c’est à la fois une question de technique, de réglage et de physique…

Un facteur important est aussi la gestion de la prise de risque au départ et de la « gestion de l’OCS ». Pour un comité et un viseur, c’est très difficile d’identifier tous les coureurs en même temps qui coupent ou non la ligne de départ prématurément. Il y a donc des positions sur la ligne qui sont plus risqués que d’autres pour se faire prendre!

PM: D’accord, très intéressant et complet tout ça.

Pour l’article complet: https://pmortefon.wordpress.com/category/1-theme/questionnement-du-pratiquantentraineur/

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